Au fil des événements
 

16 octobre 2003

   

Université Laval

De la Réunion à Madagascar

Deux étudiants de biologie ont poursuivi leur formation dans l'océan Indien grâce au Profil international

Mélanie Carrier et Olivier Higgins sont tous deux finissants au baccalauréat en biologie. Il y a un an, soit en septembre 2002, ils entreprenaient, dans le cadre du Profil international, la première de deux sessions d'études à l'Université de la Réunion, une petite île volcanique de 2 500 kilomètres carrés située à 800 kilomètres de la côte est africaine, dans l'océan Indien. "Nous nous étions dit que la Réunion pouvait être intéressante pour des biologistes, raconte Olivier Higgins. Il y a le contexte insulaire, c'est-à-dire comment une petite île a pu être colonisée sur le plan biologique par un continent. Et aussi la présence d'espèces propres à ce territoire, dont plusieurs centaines d'espèces de plantes."

Les deux étudiants ont consacré une partie de leurs travaux académiques aux récifs coralliens. Équipés d'un masque de plongée et d'un tuba, ils ont entre autres mesuré la densité et la répartition spatiale de différentes espèces de coraux. Ils ont aussi vérifié la présence de différentes espèces de poissons dans certains milieux. Ils ont même vu de près un volcan qui venait d'entrer en éruption. Les deux étudiants ont accompagné un spécialiste sur le site du Piton de la Fournaise, à plus de 2 600 mètres d'altitude, pour y recueillir des échantillons de lave. Avec le même spécialiste, ils ont participé à une expédition au cirque de Mafate, une dépression de forme circulaire aux bords très élevés où l'on ne pouvait se déplacer qu'à pied. Le but de l'expédition consistait à prendre des mesures de gravimétrie et de points GPS en vue de trouver des sources thermales.

Baobabs et lémuriens
Mélanie et Olivier ont terminé leur séjour à la Réunion au mois de mai. Ils se sont ensuite retrouvés sur l'île de Madagascar, un vaste territoire d'environ 590 000 kilomètres carrés situé à 400 kilomètres du continent africain. Ils y ont passé trois mois dans le cadre d'un stage du Réseau contact international, une formule conjointe du Service de placement de l'Université Laval, d'Action emploi inc. et du Bureau international. Le projet des deux étudiants s'est fait en collaboration avec le parc national de la Jacques-Cartier, près de Québec. Il consistait à comparer les parcs nationaux de Madagascar à ceux du Québec pour échanger les savoir-faire. En deuxième lieu, ils devaient visiter des écoles pour sensibiliser les jeunes Malgaches à la protection de l'environnement.

"Nous avons visité des parcs, indique Olivier Higgins. Mais la comparaison avec le Québec était difficile parce que la biodiversité n'est pas la même et parce que l'achalandage était faible." Mélanie Carrier précise que les responsables des parcs tentent par tous les moyens d'attirer les touristes qui, eux, semblent tous vouloir voir la même chose: des arbres au tronc large appelés baobabs, et des mammifères primates appelés lémuriens dont la plupart des espèces sont propres à Madagascar. "Les guides vont même à l'encontre de l'intégrité écologique, soutient-elle. Par exemple, ils vous laissent approcher les lémuriens de très près. Les responsables, eux, parlaient de développer l'éco-tourisme mais sans considérer les répercussions sur l'environnement. Par exemple, construire un pont à tel endroit sans penser à protéger le milieu alors qu'il s'agit peut-être d'un habitat spécifique à tel animal."

Déforestation
Mélanie et Olivier ont rencontré les élèves de plusieurs classes de niveau primaire réparties dans deux écoles. À leur grande surprise, leurs jeunes interlocuteurs ont démontré beaucoup d'intérêt et de sensibilisation aux questions environnementales. En particulier au dossier de la déforestation puisque 80 % de la forêt malgache a disparu et ce, en bonne partie à cause d'une très ancienne pratique, la culture sur brûlis. Cette pratique consiste à incendier une partie de forêt puis à cultiver, pour un certain temps, le sol recouvert d'un engrais laissé par le passage de l'incendie.

Les deux étudiants ont rapporté de Madagascar des images vidéo de leurs interventions en classe et des parcs visités. Ils en présenteront un montage à des élèves d'une école primaire de la région de Québec afin de les sensibiliser, eux aussi, aux problématiques environnementales.

Créé en l'an 2000 pour les programmes de baccalauréat, le Profil international est bien implanté et il continue de se développer de façon remarquable. Plus de 66 programmes se sont déjà prévalu de cette organisation particulière de formation. Plus de 536 étudiants ont effectué des séjours d'études à l'étranger dans 44 pays et cela continue à un bon rythme de croisière. La politique d'internationalisation de l'Université a établi, sur un horizon de cinq ans, qu'au moins 10 % des étudiants de chaque nouvelle cohorte devraient participer à une démarche menant à la reconnaissance du Profil international.

YVON LAROSE