Au fil des événements
 

16 octobre 2003

   

Université Laval

Première mondiale en chirurgie vasculaire

Des cardiologues du Centre de recherche Hôpital Laval innovent dans la procédure d'intervention coronarienne

La nécessité est mère de l'invention et trois membres du Centre de recherche Hôpital Laval viennent d'en faire une nouvelle démonstration. Bernard Noël, Onil Gleeton et Gérald Barbeau rapportent avoir réalisé une première mondiale en chirurgie vasculaire, dans le numéro de septembre de la revue scientifique Catheterization and Cardiovascular Interventions. Les trois cardiologues ont innové en effectuant une variante de la procédure qui consiste à introduire un ballon gonflable dans l'aorte d'un patient pour faciliter les interventions coronariennes.

Le commentaire éditorial qui accompagne l'article salue "la solution créative" qu'ils ont mise de l'avant, tout en ajoutant que cette innovation pourra s'appliquer chez un nombre grandissant de patients à mesure que la taille des instruments utilisés dans ce type de chirurgie diminuera.

De la jambe au bras
Dans la procédure standard, les chirurgiens insèrent le ballon intra-aortique par une grosse artère de la cuisse - l'artère fémorale - et de là, ils remontent jusqu'à l'aorte. Une fois en place, le ballon est gonflé et dégonflé de façon rythmique, sous contrôle d'un ordinateur. "Le ballon intra-aortique sert à soulager le coeur d'une partie du travail qu'il accomplit en temps normal", explique Gérald Barbeau. Il vient donc en appui au coeur pendant que les chirurgiens s'affairent à réparer les artères coronariennes bloquées.

Cette intervention est courante dans les hôpitaux qui offrent des services de cardiologie. Mais, le cas qui s'est présenté à l'équipe Noël-Gleeton-Barbeau a forcé les cardiologues à sortir des sentiers battus. La patiente, une dame de 56 ans, diabétique et traitée pour un cancer du poumon, souffrait de problèmes d'angine. Ses examens préliminaires ont révélé que non seulement plusieurs vaisseaux du coeur étaient gravement endommagés, mais qu'une partie de l'aorte était bloquée, ce qui rendait impossible l'insertion du ballon par la cuisse. Vu son état de santé, l'opération à coeur ouvert était hors de question.

La solution? Les cardiologues ont inséré le ballon par une artère du bras. "À notre connaissance, ça ne s'était jamais fait, affirme Gérald Barbeau. Cette artère est plus petite et plus fragile que l'artère fémorale et les instruments chirurgicaux standards n'ont pas été conçus pour cette voie." Les médecins ont donc eu recours à des instruments habituellement utilisés en chirurgie cardiaque pédiatrique pour réaliser cette première.

L'expérience des chirurgiens de l'Hôpital Laval dans d'autres types d'interventions cardiaques, effectuées en insérant les instruments par des artères du bras, a pavé la voie à cette première. "Nous avons effectué plus de 25 000 cas de réparation d'artères coronariennes en passant pas le poignet, signale avec fierté Gérald Barbeau. C'est typique à l'Hôpital Laval, mais de plus en plus d'hôpitaux adoptent notre approche."

JEAN HAMANN