Au fil des événements  
 
 30 janvier 2003

 Université Laval

Banlieue mortelle


La troupe Côté Cour propose la comédie Les voisins de Louis Saïa


Pour les non-initiés, le mariage du droit et du théâtre ressemble à une union qui coule de source, effets de manche et coups d'éclat inclus. Pourtant, les motivations des étudiants impliqués dans la troupe Côté Cour de la Faculté de droit ne relèvent pas forcément de l'amour de la plaidoirie. Ils ont décidé de monter la comédie Les voisins de Louis Saïa cette année avant tout pour se détendre et s'évader pendant quelques heures de leurs études. Le temps d'une répétition, ils ont enfin le loisir de laisser éclater leur côté artistique, réfréné le reste de la semaine.

"Nous avons choisi Les voisins, parce ce qu'on voulait que ce soit le party sur scène, indique Pierre-Antoine Morin, un des membres de la troupe. C'est vraiment du théâtre pour se divertir." Rappelons l'histoire pour les quelques lecteurs qui auraient habité sur la planète Mars ces vingt dernières années. Trois couples de voisins de banlieue se rencontrent un soir pour visionner les diapositives du voyage en Europe de l'un d'entre eux. La soirée donne lieu à des dialogues fort comiques, même si les principaux protagonistes n'ont pas conscience de leur ridicule.

"Cela ressemble beaucoup à La petite vie, en moins agressif, explique Marie-Hélène Poirier qui incarne une mère de famille autoritaire. Même si le décor reste subjectif, ils ont choisi de rester le plus crédible possible afin que chacun puisse se reconnaître dans les travers des uns et des autres. Richard Grenier, qui joue Alexandre, un philosophe perdu dans son univers, a ainsi beaucoup songé à son ancien beau-père en travaillant les mimiques de son personnage. "Plus on avançait dans la pièce, plus on remarquait que nos personnages nous ressemblent au fond ", reconnaît Pierre-Antoine Morin qui incarne Junior, un adolescent en pâmoison devant son idole de père.

Toute la troupe a donc pris un plaisir fou à s'échanger des répliques plus vides de sens les unes que les autres, et à retrouver des décors et des costumes vieux d'une ou deux décennies. Revêtus de leurs plus beaux atours verts avocat, bruns ou jaunes, les acteurs attendent avec impatience que les lumières de la salle s'éteignent. "Sur scène, je me sens physiquement différent, mon sang passe plus vite dans mes veines, raconte Richard Grenier. Le plaisir de voir plusieurs centaines de personnes t'écouter ressemble presque à une drogue." Certains des étudiants de la troupe Côté cour ont d'ailleurs tellement prisé leur expérience l'an dernier qu'ils ont décidé de changer d'orientation! Deux d'entre eux étudient désormais au Conservatoire de théâtre de Montréal, suivant ainsi les traces de Rémy Girard et de Normand Chouinard, célèbres diplômés de la Faculté de droit de Laval qui se sont inscrits ensuite au Conservatoire d'art dramatique de Québec.

La pièce Les voisins, de Louis Saïa, est présentée par le théâtre Côté Cour, les 30, 31 janvier et 1er février à 20 h, à l'Amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. Billets en prévente au Bureau des activités socioculturelles, local 2344, pavillon Alphonse-Desjardins, au coût de 8 $. À l'entrée: 10 $.

PASCALE GUÉRICOLAS