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 30 janvier 2003

 Université Laval

Risques et promesses des OGM


Les problèmes liés à la production d'organismes génétiquement modifiés (OGM) existent. S'il n'y a pas lieu de s'alarmer outre mesure, on doit savoir que les risques potentiels sont tout autres que ce que les médias projettent.

C'est ce qu'a fait valoir Dominique Michaud, professeur au Département de phytologie et directeur du Centre de recherche en horticulture, à l'occasion d'une grande conférence donnée récemment dans le cadre des Grandes Fêtes de l'Université, et portant sur les promesses et les risques liés aux OGM.

Selon Dominique Michaud, le problème des OGM en est un d'image: "On a fait les manchettes à plusieurs reprises avec le cas de ce gène de poisson implanté dans des tomates pour qu'elles résistent mieux au froid. Pourtant, cette recherche a été abandonnée. On utilise de moins en moins de gênes d'animaux parce que l'on retrouve maintenant leurs équivalents dans des plantes, et les gènes venant de plantes s'expriment mieux lorsque implantés dans un organisme semblable." Le spécialiste en phytologie constate que les effets bénéfiques des OGM sont méconnus du public. "La majorité des avantages liés aux OGM consistent en des applications utiles à la ferme et non pas au niveau du consommateur citadin", rappelle-t-il, en soulignant que certains OGM peuvent aider à réduire la quantité de pesticides utilisés à la ferme puisque les plantes peuvent alors développer elles-mêmes des moyens de défense contre les insectes.

Sur la question épineuse de l'étiquetage, Dominique Michaud tient à remettre les pendules à l'heure: "Selon moi, en tant qu'individu plutôt que chercheur, étiqueter ou non, ça n'a pas d'importance. Ce qui est essentiel c'est de savoir quel OGM est transmis. Car chaque OGM est différent. Il y en a certains dont je ne veux rien savoir. Certains gènes de légumineuses ajoutent une plus-value au produit mais ils sont allergènes. Si on commence à insérer des gènes allergènes dans les produits, ça va devenir très compliqué pour certains consommateurs à risques."

Le directeur du Centre de recherche en horticulture cible enfin deux autres problèmes qui vont continuer d'alimenter la controverse autour des OGM. Plusieurs chercheurs qui travaillent à l'avancement de cette technique sont subventionnés par des compagnies ou ont des intérêts dans celles-ci. Deuxièmement, il y a le problème de contamination, par des productions adjacentes, des champs non traités aux OGM. Le risque serait encore plus grand pour les producteurs de produits biologiques, qui, si les concentrations sont trop fortes, peuvent se faire refuser leur certification bio. "Il faut continuer les recherches pour trouver des solutions à ces problèmes", conclut Dominique Michaud.

DOMINIC DUVAL
Programme Études travail