6 décembre 2001

LE COURRIER

LUTTONS POUR UN INVESTISSEMENT MASSIF EN ÉDUCATION
Nous venons de vivre une période tumultueuse avec la grève des professeurs qui a causé tout un émoi dans la communauté étudiante. Le répit du moment n'augure rien de meilleur non plus, étant donné que l'entente de principe à laquelle sont parvenus l'administration universitaire et le Syndicat des professeurs de l'Université Laval (SPUL) est de nature à desservir les intérêts des étudiants. D'ailleurs, dans un communiqué de presse, l'Association des étudiants et étudiantes inscrits aux cycles supérieurs (ÆLIÉS) dénonçait cette entente. Même si l'arrêt de la grève est de nature à satisfaire l'ensemble des étudiants et à soulager leurs angoisses quant au bon déroulement des enseignements durant la session, les étudiants des cycles supérieurs s'insurgent contre la convention collective passée entre le SPUL et l'administration dans sa forme actuelle.

Deux enjeux majeurs qui pourraient fortement détériorer la qualité de la formation sont remis en cause: il s'agit de la propriété intellectuelle et du plancher d'emploi des professeurs.

Les professeurs ont décidé d'arrimer la propriété intellectuelle à leur convention collective, ce qui leur confère un droit de veto en la matière. Les étudiants estiment être des partenaires privilégiés et réclament également le droit de jouer un rôle primordial comme acteur à part entière et exigent une parité absolue des membres dans le comité formé pour réfléchir sur la question.

Les étudiants aux cycles supérieurs se sont dits scandalisés de constater que le maintien d'un plancher d'emploi dans la convention collective, conformément aux revendications de départ du SPUL, qui est de nature à favoriser une meilleure qualité de la formation, avait été négocié à la baisse.

En matière d'embauche des professeurs, nous aurions souhaité que les professeurs et l'administration universitaire qui a signé, à cor et à cri, le contrat de performance, respecte au moins ses engagements vis-à-vis les clauses qui font état du recrutement de 300 professeurs sur une période de 5 ans, en contrepartie de 450 départs. L'entente de principe telle que formulée ne satisfait pas les étudiants de cycles supérieurs qui voient leur formation de plus en plus compromise au profit d'intérêts financiers.

La situation vécue par l'Université Laval est le résultat des coupures massives en éducation, orchestrées par le Parti Québécois et son gouvernement. Cette situation très inquiétante a amené le gouvernement à convoquer un grand rassemblement d'acteurs sociaux intéressés aux questions de l'éducation et de son avenir au Québec. Ce fut le Sommet du Québec et de la jeunesse qui a réuni tous les représentants des secteurs de la société québécoise en février 2001. Cette année, le gouvernement n'est plus en mesure de garantir aux jeunes que les promesses faites lors du Sommet seront tenues pour l'année 2002-2003.

Réunies en congrès national les 23, 24 et 25 novembre, les associations membres de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), représentant plus de 120 000 étudiants, ont annoncé une série de moyens d'actions qui seront mis en branle pour rappeler au gouvernement l'importance et la nécessité d'investir massivement en éducation au Québec. Les étudiants de l'Université Laval représentés à ce congrès par une très forte délégation de l'ÆLIÉS (7 membres) et celle de la CADEUL (4 membres), se sont dits très déçus et préoccupés par ce revirement de situation de la part du gouvernement. Revirement qui n'est pas de nature à favoriser la résolution des conflits internes à Laval dont l'origine indirecte est le non investissement en éducation.

Déjà l'ÆLIÉS et la CADEUL ont bougé dans le dossier: les deux exécutifs ont pris la parole lors d'une conférence de presse au Cégep Garneau, pour dénoncer la décision du Parti Québécois. Des actions s'organisent à l'interne: une réunion du "Forum des assos" est convoquée pour informer les étudiants des actions envisagées très prochainement. L'exécutif de l'ÆLIÉS se propose d'organiser des harangues publiques pour rejoindre les étudiants aux endroits où ils se tiennent souvent. Des coalitions entre les associations étudiantes de l'Université et des cégeps se forment (FRAQ) dans le but de mener des actions conjointes.

Les étudiants sont confiants de recevoir l'appui de la population dans cette croisade pour l'avenir de l'éducation et des programmes sociaux. L'ÆLIÉS invite tous les étudiants soucieux de leur avenir, les parents et grands-parents conscients des difficultés présentes et futures occasionnées par les coupures en éducation à s'investir activement dans la lutte qui nous oppose au gouvernement qui refuse de croire en la force créatrice de la jeunesse. Les étudiants feront comprendre au gouvernement que l'avenir de la jeunesse et de l'éducation est d'une importance capitale pour la société québécoise tout entière. L'avenir de notre province repose sur une économie du savoir qu'il faut maintenir à tout prix, si nous voulons demeurer présent sur la scène internationale.

Alors, nous attendons une implication sans réserve de la part de tous les étudiants! Soyez attentifs à toutes les sollicitations qui seront faites soit par l'ÆLIÉS et la CADEUL, soit par la FEUQ. Les étudiants mal formés aujourd'hui sont les chômeurs ou les inadaptés sociaux de demain. Luttons tous pour un investissement massif en éducation!

DIDIER KABA
Vice-président aux communications
Association des étudiants et étudiantes inscrits aux cycles supérieurs