6 décembre 2001

Pour mieux cohabiter en milieu rural

Des chercheurs proposent de miser sur la transparence, l'information et le dialogue

Contrairement à la croyance populaire, ce sont les risques environnementaux (contamination de l'eau et du sol), plutôt que les nuisances agricoles (odeurs, bruits et poussières), qui sont de plus en plus au centre des conflits divisant la population rurale confrontée à l'arrivée de nouveaux projets agricoles. On observe également que les acteurs locaux (élus municipaux, agriculteurs et résidents) jouent un rôle prépondérant dans l'accentuation ou l'atténuation de ces conflits de cohabitation.

C'est ce que révèle une étude d'envergure provinciale sur la cohabitation en milieu rural liée aux activités agricoles, notamment à l'industrie porcine, complétée par les professeurs Réjean Landry, de la Faculté des sciences sociales et Guy Debailleul, de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation. Pour répondre à cette problématique d'acceptabilité sociale, les chercheurs de l'Université Laval proposent une série de pistes d'action basées principalement sur la transparence, l'information et le dialogue.

La recherche démontre que d'autres éléments peuvent contribuer au déclenchement d'un conflit: l'impact appréhendé des projets sur la santé des populations, sur les biens publics et privés (destruction de routes, déboisement, dévaluation), sur les différents usages du territoire et sur le développement socioéconomique des régions. On constate par ailleurs que lorsque vient le temps de faire émerger des solutions aux conflits, ce sont généralement les séances des conseils municipaux ou des soirées d'information qui sont le lieu privilégié des débats. Plusieurs lacunes ont été observées dans l'utilisation de ces "instruments" qui, parfois même, remettent en question certains principes de démocratie locale. L'étude a également permis de constater que l'hermétisme des règles de procédures administratives par lesquelles doivent passer les projets engendre fréquemment une réaction négative chez la population, ce qui entraîne de la méfiance et l'opposition au projet.

Devant la multiplication des conflits, trois outils ont été élaborés afin de soutenir les acteurs locaux, régionaux et provinciaux dans leur recherche de solutions: une grille d'analyse des conflits, un document de gestion de la cohabitation et une liste des attentes en matière d'acceptabilité sociale. De plus, une série de 32 pistes d'action susceptibles de favoriser une meilleure cohabitation ont été dégagées par les chercheurs de Laval. Leurs travaux ont été réalisés dans le cadre de l'action du groupe de travail provincial "Un environnement à valoriser" découlant de la Conférence sur l'agriculture et l'agroalimentaire québécois de mars 1998.