12 octobre 2000

Beau désordre

Des diplômés et diplômées profitent de leurs retrouvailles annuelles pour exposer leurs oeuvres dans une profusion de styles riche comme la vie

À l'occasion de ses Retrouvailles annuelles, l'Association des diplômés de l'Université Laval présente, jusqu'au 21 octobre,l'exposition "Des retrouvailles en arts", à la salle d'exposition du pavillon Alphonse-Desjardins. Ce nouveau volet artistique vient s'ajouter à l'ensemble des activités sociales, musicales et sportives entourant, chaque année, les Retrouvailles de l'ADUL. Une vingtaine de diplômés et diplômées, des promotions de 1955 à 1995, exposent des uvres de tous les styles et de toutes les tendances.

L'art d'art, n'en déplaise à certains puristes, sert aussi à embellir l'environnement. Ce rôle "décoratif " n'agace aucunement Sandy Robert, de la promotion 1995 du baccalauréat en arts visuels. Elle avoue d'ailleurs peindre pour ornementer sa demeure et celles de ses proches. "Je n'ai plus le goût de créer, comme au temps de mes études, explique-t-elle, des oeuvres complètement abstraites et hermétiques que personne n'oserait accrocher aux murs de sa maison. Je suis plutôt rendue à un stade de ma démarche artistique où j'ai envie que mes tableaux soient accessibles, qu'ils plaisent aux gens ". Dans un style s'apparentant aux illustrations de contes pour enfants, elle peint donc à l'acrylique des animaux fantaisistes et très colorés.

L'art comme thérapie
Au-delà de son rôle esthétique, l'art remplirait diverses fonctions, dont celle de panser les blessures. La création artistique, cela peut être la bouée de sauvetage des âmes affligées, comme le souligne Andrée Boucher, de la promotion 1985 du baccalauréat en droit. "Après la mort de mon mari, en 1984, j'ai commencé à peindre pour soulager mon chagrin. Par cet acte créatif, j'accède à mon monde intérieur, je m'épanouis, je retrouve ma sérénité. J'ai aussi choisi ce passe-temps parce qu'il me permet de relever continuellement de nouveaux défis." Ce besoin de se surpasser la guide d'ailleurs dans le choix de ses sujets. " Je peins à l'aquarelle ou je dessine au fusain, au crayon pastel ou de plomb, un peu de tout, mais je privilégie le portrait parce que c'est techniquement plus difficile à réaliser qu'une nature morte ou un paysage", dit-elle.

Pour certains artistes, dont Micheline Servant, de la promotion 1995 du baccalauréat en théologie, l'art constitue le moyen d'expression de l'âme. "Quand je peins, c'est mon coeur et la spiritualité qui m'habite qui s'expriment. Par ailleurs, comme je débute, je crée surtout des paysages d'hiver à l'huile, un sujet qui exige moins d'habiletés techniques. Mais dans un avenir rapproché, je veux réaliser des scènes de l'Évangile, un thème qui me fait davantage vibrer."

De la polyvalence
L'art possède diverses vertus et l'artiste, maintes aptitudes. On le qualifie notamment de fin observateur, capable de révéler l'invisible, le côté caché des choses et des êtres. Certains y prennent même un malin plaisir, comme le photographe Daniel Tremblay, titulaire d'un baccalauréat en histoire de l'art, obtenu en 1975. " Lorsqu'ils se retrouvent devant une caméra, les gens, bien souvent, bloquent, fait-il remarquer. Avec mon appareil photo, je cherche donc à transcender leur façade, à découvrir leurs sentiments et leur identité." Daniel Tremblay fait de la photographie depuis 1976 et se sert, depuis un an, de l'ordinateur pour transformer, comme il le souligne, des sujets plutôt banals. "Dans cette exposition, je présente une photo prise à l'île Miscou, au Nouveau-Brunswick, et représentant une personne nue sur une plage. Un sujet, somme toute, assez commun. Alors, pour lui permettre de se distinguer, je l'ai allongé sur l'horizontal à l'aide de l'ordinateur."

On dit aussi des gens créatifs qu'ils sont sensibles à leur environnement. Suzanne Lachance, elle, s'en inspire totalement. Diplômée en science infirmière (1970), elle peint, à l'aquarelle ou à l'encre, des paysages dont le style varie en fonction de l'endroit où elle habite. "J'ai travaillé plusieurs années dans le Grand nord québécois. À cette époque, je ne peignais que des paysages nordiques. Aujourd'hui, je vis en ville et je ne crée que des scènes urbaines."

La salle d'exposition du pavillon Alphonse-Desjardins est ouverte du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h, le samedi 14 octobre de 12 h à 17 h, ainsi que le samedi 21 octobre de 16 h à 20 h.

MÉLANIE BRÛLÉ
Programme Études-travail