31 août 2000

DE JÉRUSALEM À NICOLET

Un étudiant et un professeur contribuent à une exposition sur les pèlerinages dans les trois grandes religions monothéistes

Le Musée des religions de Nicolet présente, jusqu'au 15 avril 2001, l'exposition Finis Terrae. Fruit d'une étroite collaboration entre la chargée de projet Hélène Méthé et Pascal Laquerre, étudiant de deuxième cycle en sciences humaines des religions et en muséologie, cette exposition met en lumière les hauts lieux de la spiritualité humaine.

À la suggestion de la directrice du Musée, Pascal Laquerre a d'abord développé le concept de Finis Terrae. Ensuite, il a été engagé comme stagiaire. Entre les mois de février et juin 2000, il a touché à tout, y compris l'accrochage des oeuvres. "J'ai trouvé très intéressant, explique-t-il, d'être confronté au côté pratique de la muséologie, qui consiste à passer de la recherche théorique aux objets qui vont venir appuyer cette recherche." Selon l'étudiant, l'exposition tombe pile car les lieux de pèlerinage sont de plus en plus visités.

La maquette d'un gigantesque monument
L'exposition comprend trois parties: le voyage, le lieu sacré et le retour. Elle insiste sur trois villes qui entretiennent depuis très longtemps des rapports étroits avec les pèlerins: Saint-Jacques-de-Compostelle pour les chrétiens, Jérusalem pour les juifs et La Mecque pour les musulmans. Une centaine d'objets, provenant de musées mais aussi de collections privées, sont exposés. Parmi eux figurent des sculptures, des peintures et des gravures, mais aussi des timbres, des photos et des maquettes. Il y a également des objets usuels ayant appartenu à des pèlerins, comme ce bracelet espagnol avec trois saints en effigie et datant de 1740.

À l'entrée, une sculpture de bois donne le ton à l'exposition. Elle représente saint Roch, vêtu en pèlerin, accompagné de son chien. Une Notre-Dame de Lourdes, haute de plus de deux mètres et oeuvre du sculpteur québécois Louis Jobin, ne passe pas inaperçue. Quant à ce tapis de prières, utilisé par les musulmans, il a ceci de particulier qu'une espèce de boussole en son centre aide l'usager à bien s'orienter vers La Mecque. Une des pièces maîtresses de l'exposition est certes la maquette représentant le second temple de Jérusalem. Confectionnée à l'échelle 1:250, cette oeuvre en balsa, contreplaqué, plâtre et polystyrène fait plus de deux mètres de long par environ un mètre et demi de large. Elle a été conçue et réalisée par le professeur Jean-Claude Filteau, de la Faculté de théologie et de sciences religieuses.

Jean-Claude Filteau est un bricoleur dans l'âme, doublé d'un passionné d'architecture. La maquette est pour lui un outil pédagogique qui permet d'aller plus loin dans la compréhension de l'évolution d'un monument disparu. "Les fouilles archéologiques sur l'emplacement du temple et les descriptions écrites par des contemporains ont révélé certaines choses, dit-il, mais beaucoup d'éléments restent inconnus."

À son époque, le second temple de Jérusalem était l'un des plus grands édifices de tout l'empire romain. Il faisait 144 000 mètres carrés de superficie et chacun des blocs du mur de soutènement pesait entre deux et huit tonnes ! Cet ouvrage se situait à l'intérieur d'un courant architectural dont subsistent d'autres monuments aujourd'hui. "J'ai donc pu, confronté à d'autres maquettes, reconstituer hypothétiquement le temple, précise le professeur. En faire le tour en trois dimensions a représenté un défi. Si un dessin peut laisser dans l'ombre certains aspects qu'on connaît moins, avec une maquette il faut tout montrer!"

YVON LAROSE