2 décembre 1999

Des étudiants handicapés plus autonomes

La technologie palliative fait une percée dans les salles de cours

Grâce à l'apport quotidien de la technologie, les étudiants handicapés sont davantage en mesure de suivre normalement leurs cours, aujourd'hui, à l'Université Laval.

"Notre mission est de favoriser leur réussite scolaire sans discrimination ni privilèges. On peut affirmer sans ambages que la technologie nous aide beaucoup de ce côté, particulièrement en rendant ces étudiants de plus en plus autonomes", confie Anne-Louise Fournier, responsable du volet "Accueil et intégration des personnes handicapées étudiantes" du Service d'orientation et de counseling, à la veille de la Journée québécoise des personnes handicapées, instituée le 3 décembre.

Plus d'une centaine d'étudiants handicapés
On compte, dans la communauté universitaire, de 100 à 150 étudiants et étudiantes aux prises avec des handicaps plus ou moins sévères ou pas toujours visibles. Car, aux trois catégories habituelles que constituent les personnes aveugles, sourdes et en fauteuil roulant, il faut maintenant en ajouter une quatrième: celle des étudiants atteints de troubles d'apprentissage congénitaux ou causés par un traumatisme crânien.

L'Université Laval fait partie, avec McGill, Concordia et l'Université de Montréal, des établissements universitaires québécois qui accueillent les plus importantes cohortes de personnes handicapées. Elle admet beaucoup plus d'étudiants affectés par des troubles visuels que les autres universités, signale Anne-Louise Fournier. Ces derniers bénéficient chez nous d'appareils qui leur sont d'un précieux secours, entre autres, de claviers à lecture en braille qui leur permettent de travailler avec un ordinateur ou d'avoir accès à Internet.

Pas si loin de la coupe aux lèvres
L'utilisation de la technologie à des fins pédagogiques a par ailleurs été d'un précieux secours, cet automne, pour un étudiant sourd inscrit en génie géomatique qui a eu l'occasion de vivre à titre expérimental, dans deux de ses cours, la relation prof/étudiant sans l'aide d'un interprète.

Le modus operendi que l'on a mis en place à chaque occasion tient d'une quincaillerie fort simple... à première vue, mais qui demande une certaine dose d'ajustement dans les habitudes: le professeur porte un casque d'écoute (du genre "téléphoniste"), muni d'une minicaméra Audiosoft vis-à-vis de la bouche, et relié à un petit écran installé devant l'étudiant, qui peut alors voir continuellement le visage de ce dernier et lire sur ses lèvres, quelle que soit sa position. On tentera une expérience similaire, cet hiver, à l'École de service social.

"L'intégration de la technologie à l'Université fait en sorte que les étudiants handicapés dépendront de moins en moins du bénévolat", pense Anne-Louise Fournier.


GABRIEL CÔTÉ