2 décembre 1999

La CADEUL déçue par l'énoncé du ministre Legault sur les universités

Dans un communiqué émis le 26 novembre, la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval (CADEUL) se dit "indignée tant par la démarche proposée que par le contenu du texte" après avoir analysé l'Énoncé de politique à l'égard des universités rendu public le 26 octobre par le ministre de l'Éducation, François Legault.

"Le délai proposé par le ministre pour répondre est absolument irréalisable" déplore Patrick Caux, président de la CADEUL. "On nous demande de faire en un mois une réflexion pour un document qui régira la mission des universités pendant trente ans. C'est tout simplement dérisoire et ça démontre le peu de cas du gouvernement actuel pour l'enseignement supérieur."

La CADEUL fait valoir que le contenu de l'énoncé "révèle une vision purement marchande de l'université". "On nous suggère de voir l'université comme une fabrique de ressources humaines hautement qualifiées. C'est faire fi de la formation fondamentale et c'est nier tout le côté critique qu'une université apporte à la société, rappelle Michel Laflamme, vice-président à l'enseignement et à la recherche. Selon la CADEUL, le document du ministre de l'Éducation témoigne du manque de sérieux avec lequel le gouvernement pense reconstruire l'enseignement supérieur, notamment par l'absence d'un réel énoncé de mission pour les universités et l'invitation aux établissements d'examiner la pertinence de certains secteurs d'études pour assainir leurs finances.

"Est-ce l'annonce de la disparition des secteurs jugés moins rentables, comme les sciences sociales ou les arts?, demande la CADEUL. Il est clair que le gouvernement veut pallier en toute urgence à un manque de main-d'oeuvre dans quelques secteurs technologiques. Cependant, favoriser des programmes au détriment des autres n'est pas une solution et c'est dangereux. La réduction ou la disparition des secteurs fondamentaux nuira considérablement à l'avancement social de la société. C'est un manque flagrant de vision quant à la mission du réseau universitaire québécois."