28 octobre 1999

Laval, pôle d'excellence en enseignement de la plasturgie


Le premier programme universitaire en transformation des plastiques au Canada sera offert dès l'automne prochain

L'industrie québécoise des plastiques a choisi l'Université Laval comme pôle d'enseignement universitaire de la plasturgie (transformation des matières plastiques). Pour soutenir financièrement la création de ce pôle, elle entreprendra sous peu une campagne de levée de fonds de 1 million de dollars auprès des entreprises actives dans le secteur des plastiques. Cette somme servira à mettre sur pied le premier programme universitaire en transformation des plastiques au Canada, a ­t-on appris hier, à Montréal, lors des assises de l'Association canadienne de l'industrie des plastiques (ACIP). À cette occasion, l'Université Laval, l'ACIP et des représentants de l'industrie des plastiques ont paraphé un protocole scellant cette entente.

Le choix de Laval survient au terme d'un processus de sélection amorcé en février dernier avec la formation d'un comité formé de représentants de quatre industries, IPL, MAC, SPARTECH, HEDSTROM. Le comité a invité les universités à lui soumettre des projets pour la création d'un pôle d'excellence. Quatre universités québécoises se sont manifestées et, au terme du processus de sélection, le projet présenté par la Faculté des sciences et de génie de Laval a été retenu. L'Université partait déjà avec quelques longueurs d'avance puisque le professeur Mosto Bousmina, porteur de ce dossier, du Département de génie chimique, travaillait depuis trois ans à la création d'un programme en plasturgie.

"Nous avons retenu la candidature de Laval parce que nous avons été très impressionnés par l'engagement profond des membres de la direction de la Faculté des sciences et de génie, raconte Michel Lanoue, directeur de la R&D chez IPL. Ils voulaient avoir le programme, ils ont participé à toutes les réunions, ils ont fait montre de franchise et d'ouverture face aux besoins de l'industrie. L'association avec le Cégep de la région de l'Amiante a aussi joué en leur faveur. Laval disposait déjà d'une expertise en polymères et le collège est reconnu pour son savoir-faire en transformation des plastiques."

Trente crédits sur trois trimestres
Le programme de plasturgie prendra deux formes. Il sera offert sous forme d'option destinée aux étudiants du baccalauréat des départements de Génie chimique, de Génie mécanique et de Mines et métallurgie. De plus, on créera un certificat en plasturgie destiné à la spécialisation des travailleurs de l'industrie des plastiques et aux étudiants en génie qui souhaitent se spécialiser dans le domaine des plastiques, explique Richard Poulin, le vice-doyen de la FSG responsable du dossier. Le programme de 30 crédits s'échelonnera sur trois trimestres dont un trimestre de stages d'été rémunérés et crédités.

"Le programme sera monté par les professeurs du Département de génie chimique, avec la collaboration du Cégep de la région de l'Amiante, du Département de génie mécanique et du Département de mines et métallurgie", souligne le professeur Bousmina. Il sera offert dès l'automne de l'an 2000 et on espère accueillir entre 20 et 30 étudiants dès la première année.

Il n'existe présentement aucun programme de formation universitaire en transformation des plastiques au Canada. "On engage donc des finissants en génie mécanique ou en génie chimique et on les forme, dit Michel Lanoue. Ça prend des années et dans un contexte de globalisation de l'économie et de compétitivité, ce n'est pas l'idéal. Nous voulons accélérer le rythme en embauchant des diplômés qui ont déjà une formation en plasturgie."

L'industrie plastique s'est donné un échéancier serré pour la mise sur pied du programme. La campagne de financement devrait commencer d'ici la fin décembre, les premiers étudiants sont espérés pour la rentrée de l'automne 2000 et les premiers diplômés du certificat de plasturgie arriveront sur le marché du travail un an plus tard. S'il n'en tient qu'aux représentants de l'industrie plastique, la formation universitaire en plasturgie ne s'arrêtera pas là. "Nous souhaitons aller vers un baccalauréat complet en plasturgie dans deux ou trois ans", déclare Michel Lanoue.

JEAN HAMANN