7 octobre 1999

Mémoire au ministre de l'Éducation

LAVAL VEUT 101 MILLIONS DE PLUS PAR ANNÉE


L'Université Laval a besoin d'un réinvestissement annuel de 101 millions de dollars de la part du ministère de l'Éducation pour continuer de jouer un rôle primordial dans sa région, au Québec, au Canada et sur la scène internationale.

C'est le message que la plus vieille université de langue française en Amérique du Nord lance au ministre de l'Éducation, François Legault, dans un mémoire portant sur le plan de réinvestissement dans l'enseignement supérieur et sur la formule de financement que cette dernière lui a soumis le 15 septembre, comme tous les autres établissements universitaires de la province. Le recteur François Tavenas a présenté et déposé ce document aux séances du Conseil d'administration du 29 septembre et du Conseil universitaire du 5 octobre.

"Ce réinvestissement permettra, dans un contexte nord-américain de plus en plus compétitif, de maintenir l'Université sur une voie de développement qui lui permettra, en ce nouveau siècle qui arrive, de jouer pour la société québécoise un rôle aussi percutant et déterminant que celui qu'elle a joué depuis le début du XXe siècle", affirme-t-on dans le mémoire. L'Université y fait ainsi connaître au ministre ses priorités de réinvestissement et une synthèse de ses besoins, chiffrés de façon globale.

Encore plus de professeurs
L'Université Laval établit comme toute première priorité de réinvestissement une augmentation substantielle de ses effectifs professoraux et les moyens d'offrir des conditions compétitives afin d'attirer les meilleurs candidats et de retenir ceux qui travaillent déjà chez elle. Cet investissement annuel requiert 40 millions de dollars, auquel il faut ajouter un préinvestissement annuel de 15 millions dans les postes de professeur.

"L'Université Laval veut, par le réinvestissement dans le corps professoral, poursuivre sa tradition qui a donné les résultats que l'on sait au chapitre des taux (élevés) de diplomation. En recherche aussi l'avancement des connaissances est fulgurant, et on voit naître de nouveaux champs cruciaux dans lesquels l'Université doit se donner des compétences afin de répondre à sa mission de façon sélective en suivant son approche bien établie de structuration des groupes de recherche", indique-t-on.

La vision de l'Université pour le nouveau millénaire lui fait également porter son regard sur l'accès des francophones à une formation qualifiante, l'expansion de ses programmes en région, l'augmentation de la fréquentation des programmes de doctorat, sur la formation continue dans l'économie du savoir, le renforcement des secteurs de pointe en recherche, la poursuite de la structuration d'équipes, de centres et de réseaux, le transfert des connaissances et des technologies.

Mises à niveau
Les réinvestissements devront aussi se traduire en embauche de personnel de soutien spécialisé, en mise à niveau des laboratoires et de l'équipement existants et en installation de nouveaux laboratoires, dont le coût est évalué à 24 millions de dollars, fait savoir l'Université. L'opération de rattrapage et de développement de la Bibliothèque exigera pour sa part, chaque année, des fonds de 6 millions. Un montant similaire devra également être injecté dans la stratégie d'internationalisation des études.

Les technologies de l'information font partie d'autres cibles visées. Les besoins annuels pour leurs développements se montent à 10 millions de dollars. La mise à niveau de l'infrastructure informatique appelle pour sa part une injection ponctuelle immédiate de 30 millions de dollars. Précisons que cette somme s'ajoute à l'enveloppe annuelle de 101 millions de réinvestissement réclamée du ministre de l'Éducation.

"Hors de la métropole, l'Université Laval est le centre complet de formation supérieure, le pôle de recherche, le foyer de vie intellectuelle; elle est au service de son milieu et ouverte sur le monde. Aucune autre université ne peut jouer un rôle analogue à celui de l'Université Laval. Elle est unique et son rôle est essentiel pour le développement de notre société et l'affirmation de la place de Québec comme capitale et comme rendez-vous international", conclut le mémoire.

GABRIEL CÔTÉ