2 septembre 1999

Économies d'énergie: on fait maintenant appel aux usagers

Depuis 1992, la consommation d'énergie à l'Université a été réduite de 1,93 à 1,73 gigajoule au mètre carré et la facture (incluant électricité, gaz naturel et mazout) a baissé de 9 millions à 7,5 millions de dollars malgré un accroissement du parc d'espaces de 12,9 %. Mais cela ne suffit pas.

Pour éloquentes qu'elles puissent paraître, les statistiques témoignant des actions entreprises à l'Université au cours des dernières années en matière d'économie d'énergie n'en cachent pas moins une réalité criante : l'effort déployé jusqu'ici par le Service des immeubles pour réduire l'utilisation de l'énergie au moyen d'études multiples et de mesures techniques particulièrement pertinentes ne suffit plus. Parmi les mesures prises l'an dernier notons, entre autres, la modification de l'éclairage et l'installation de détecteurs de mouvements au Charles-De Koninck, le remplacement des volets d'admission d'air dans six édifices, l'isolation de la tuyauterie dans 12 immeubles.

"L'objectif de réduction de 5 % n'a pu être atteint en 1998-1999 en raison de travaux importants sur trois bouilloires (maintien de la production en même temps que la réfection) et de l'augmentation de la consommation occasionnée par l'entrée en service de la nouvelle partie du pavillon Adrien-Pouliot. L'économie réelle s'est plutôt chiffrée à 0,5 %. Si l'on soustrait, par contre, les coûts inhérents à l'agrandissement du Pouliot, on constate à ce moment une diminution de 2,4 %, soit la moitié de notre objectif", commente Guy Lemire, chef de la Division des réseaux au Service des immeubles.

Conscience du geste
L'arsenal de moyens les plus variés déployé par les spécialistes du Service des immeubles pour contrer toute forme d'inflation énergivore semble ainsi avoir atteint un plafond. Au dire de Guy Lemire, la balle est maintenant dans le camp des membres de la communauté universitaire. "Au cours des mois qui viennent, nous allons essayer de sensibilliser les gens, de les influencer, de les amener à modifier leur comportement en leur rappelant, par exemple, que le simple geste individuel (multiplié par des milliers d'autres) d'éteindre la lumière lorsque l'on quitte son bureau le midi peut faire économiser quelque 27 000 $ annuellement à l'Université", indique le chef de la Division des réseaux.

C'est dire que la campagne d'économie de l'énergie "Éconowatts", lancée en septembre 1995, reprendra du service dans le courant de la présente session d'automne. Ses rappels, agitant le slogan "L'économie d'énergie à l'Université Laval, c'est l'affaire de tous" seront visibles notamment dans les pages du journal Au fil des événements. L'opération de prise de conscience a par ailleurs commencé à se faire sentir sur le terrain de Rendez-vous Laval, cette semaine, au stand numéro 22 : les étudiants et les étudiantes pouvaient gagner l'une des quatre bourses de 250 $ commanditées par le Service des immeubles et Hydro-Québec en visionnant un diaporama sur l'économie d'énergie à l'Université et en répondant au questionnaire qui leur était remis.

Approche humaine
"Tous les moyens techniques traditionnels en vue d'économiser l'énergie ont déjà été envisagés par le personnel du Service des immeubles, rappelle Guy Lemire. Même si nous sommes toujours à l'affût de nouvelles économies, nous devons admettre que les grandes réalisations sont derrière nous. Il faut donc envisager de nouvelles avenues."

L'une de celles-ci, qui préconise l'approche "plutôt humaine que technique", pourrait "cheminer" bientôt. Il s'agit du projet "Formation et sensibilisation du personnel et de la population étudiante des universités et collèges canadiens à l'égard des changements climatiques". Sont partenaires : l'Université Laval, la compagnie GES, ÉPIX, SGDL Technologies et le Centre UNEVCO-Canada. Le chercheur principal et directeur du projet est Richard Gagnon, professeur en didactique des sciences appliquées à la Faculté des sciences de l'éducation.

Une demande de subvention de 300 000 $ a été envoyée cette semaine au Fonds d'action pour le changement climatique de l'Office de l'efficacité énergétique du Canada. S'il reçoit le financement demandé, le projet pourrait faciliter la rédaction d'une politique sur les économies d'énergie à l'Université Laval, confie Guy Lemire.

GABRIEL CÔTÉ