10 juin 1999

L'exercice, toujours un "plus" pour la santé

Mais deux adultes québécois sur trois demeurent sédentaires ou peu actifs

Il n'y a pas de seuil minimal en dessous duquel l'activité physique n'a pas d'effet positif sur la santé, vient de conclure le Comité scientifique de Kino-Québec dans un avis rendu public le 27 mai. À l'occasion de son premier mandat, ce comité, présidé par le professeur Claude Bouchard du Département de médecine sociale et préventive, avait choisi de faire connaître sa position sur l'épineuse question du volume d'activité physique requis pour en retirer des bienfaits pour la santé. La raison en est simple: au Québec, deux adultes sur trois sont sédentaires ou peu actifs. "Pour la personne sédentaire, augmenter ne serait-ce qu'un peu son niveau d'activité physique, c'est déjà beaucoup considérant les bénéfices que cela peut comporter", a commenté Claude Bouchard.

Le Comité scientifique de Kino-Québec a passé en revue l'abondante littérature scientifique portant sur la relation entre le volume d'activité physique et la santé avant de tirer ses conclusions. Il en ressort que si l'exercice est un "médicament" qui produit ses effets même à petites doses, il faut néanmoins en consommer régulièrement. "Il faut être actif presque tous les jours de la semaine et à longueur d'année, car, lorsqu'on réduit son niveau d'activité physique, ces bénéfices s'estompent rapidement et ils disparaissent après quelques semaines seulement", a rappelé le professeur Bouchard. Autre propriété du médicament "activité physique": ses effets sont cumulatifs; une personne qui s'adonne à trois périodes d'activités de dix minutes dans une journée en retirera autant que celle qui exécute 30 minutes d'exercices de façon continue.

Pas besoin de se défoncer pour encaisser des profits. Les activités intenses, telles que le jogging ou la course, rapportent davantage sur le plan de la performance mais, au point de vue santé, une activité de faible intensité, la marche par exemple, pratiquée pendant une longue période, rapporte tout autant. Le Comité scientifique établit à 1 000 kcal par semaine, l'augmentation de la dépense énergétique que devraient viser les personnes sédentaires. La prescription qui permet d'atteindre cet objectif se lit comme suit: une activité d'intensité moyenne 30 minutes par jour, 6 ou 7 jours par semaine, ou une activité d'intensité faible, une heure par jour, 5 ou 6 jours par semaine.

Signé par sept membres de la communauté universitaire, Paul Boisvert, Claude Bouchard, Jean-Pierre Després, Raymond Desharnais, Gaston Godin, André Nadeau et Angelo Tremblay, l'avis du Comité scientifique de Kino-Québec n'ira pas mourir sur les tablettes. En effet, le ministre d'État à l'Éducation et à la Jeunesse et ministre responsable des Loisirs et des Sports, François Legault,. a annoncé que 25 000 copies de la synthèse de l'avis seront distribuées aux éducateurs physiques, kinésiologues, médecins de famille, cardiologues et diététistes du Québec. Le ministre compte sur eux pour faire connaître les principales conclusions de l'avis à la population.

Ce premier avis du Comité scientifique de Kino-Québec a reçu l'appui de l'Association des cardiologues du Québec, de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec, de la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques kinésiologues du Québec et de la Fédération des médecins omnipraticiens. On peut prendre connaissance de l'avis et de la synthèse de l'avis à l'adresse suivante: http://www.kino-quebec.qc.ca/nouveau/fs_nou.htm

JEAN HAMANN