15 avril 1999

Deux fleurs pour le Centre de recherche en horticulture

Approche novatrice de gestion intégrée des problèmes d'insectes et de mauvaises herbes

Le projet de lutte intégrée contre les insectes et les mauvaises herbes en milieu urbain a valu deux fleurs au Centre de recherche en horticulture (CRH). En effet, le partenaire du CRH dans ce projet, l'Association des services en horticulture ornementale du Québec (ASHOQ), a reçu le Fidéide dans la catégorie "Environnement" lors du gala annuel de la Chambre de commerce régionale de Sainte-Foy, qui a eu lieu le 11 mars. En décembre dernier, le même projet leur avait valu l'Environmental Improvement/Community Services Awards, décerné par le Professionnal Lawn Care Association of America, lors d'une cérémonie présentée à Baltimore.

L'équipe de Laval, composée de Jacques Brodeur, Yves Carrière, Yves Desjardins et Sophie Rochefort, a développé une approche de gestion intégrée des problèmes d'insectes et de mauvaises herbes. Les chercheurs ont transposé les principes de la lutte intégrée, développés en agriculture, à la gestion des espaces verts en milieu urbain. Pour y parvenir, ils ont mis sur pied, avec la collaboration d'entreprises membres de l'ASHOQ et de 12 municipalités, un réseau de dépistage des problèmes de pelouses, d'arbres et d'arbustes. Ils ont également élaboré des méthodes alternatives et préventives de type biologique pour lutter contre les mauvaises herbes, les insectes nuisibles et les maladies des plantes. Le projet-pilote incluait des terrains résidentiels ainsi que des terrains appartenant aux municipalités.

Cette approche a produit de bons résultats puisque, entre 1996 et 1998, les municipalités participantes ont réduit de plus de 60 % l'usage des pesticides dans les espaces verts en milieu urbain. "Le simple fait de s'interroger sur la nécessité de traiter plutôt que de le faire de façon routinière explique en grande partie cette réduction", signale Jacques Brodeur. Ainsi, les chercheurs ont découvert que beaucoup de pelouses étaient inutilement traitées contre la punaise velue, un insecte considéré comme le principal ravageur des gazons. "On s'est rendu compte que l'insecte ne cause que des problèmes mineurs, poursuit le chercheur. Les dégâts qu'on lui attribuait étaient souvent causés par un simple manque d'eau."

Dans la foulée de ce projet-pilote, l'ASHOQ a décidé de prendre un virage vert en se dotant d'un code d'éthique qui intègre les principes de la lutte intégrée. Les entreprises membres de l'Association devront adhérer à ce code et s'assurer que leur personnel a suivi une formation dans ce domaine. Selon Jacques Brodeur, ce changement de cap pourrait être salutaire parce que l'industrie faisait face à des critiques sévères en raison de l'usage qu'elle faisait des herbicides et des insecticides chimiques.

JEAN HAMANN