28 janvier 1999

Le Plan d'action du FCAR scruté à la loupe

L'AELIÉS réclame un régime de soutien financier qui permettrait aux étudiants-chercheurs de s'investir à temps plein dans l'accomplissement de leur devoir premier

L'Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS) invite le Fonds FCAR (Fonds pour la formation de chercheurs et l'aide à la recherche) à prendre des mesures concrètes en matière de soutien financier et d'encadrement des étudiants-chercheurs afin de leur assurer la formation de qualité à laquelle ils ont droit. Ces mesures devraient comprendre, entre autres, une augmentation du nombre, de la durée et du montant des bourses d'études. Voilà, en substance, le message que le vice-président aux affaires académiques de l'AELIÉS, Carl Lessard, a livré aux représentants du Fonds FCAR, lors de leur passage sur le campus le 21 janvier.

Le Fonds FCAR effectue présentement une tournée des universités québécoises afin de recueillir les commentaires et suggestions sur son plan d'action 1999-2002 (disponible à l'adresse www.fcar.qc.ca). "Ce ne sont pas des consultations "paquetées à l'avance", a insisté la présidente du Fonds FCAR, Sylvie Dillard. Nous voulons vraiment savoir si vous croyez que les orientations que nous avons prises servent au mieux les intérêts de la recherche pour la société québécoise."

Dans son mémoire remis au FCAR, l'AELIÉS questionne les critères utilisés dans l'attribution des bourses. "Le Fonds FCAR privilégie les parcours académiques linéaires, ce qui ne correspond plus aux réalités actuelles, a signalé Carl Lessard. Les expériences de travail sont peu valorisées et la situation générale de l'étudiant (ses obligations familiales entre autres) n'est pas considérée dans l'analyse de son dossier." En raison de ce processus sélectif élitiste qui consiste à ne soutenir que les meilleurs candidats, l'AELIÉS estime que beaucoup de bons étudiants doivent occuper un emploi à temps partiel pendant leurs études alors que d'autres doivent carrément abandonner. Sur les quelque 6 400 étudiants-chercheurs inscrits à Laval, 98 étudiants à la maîtrise et 84 étudiants au doctorat bénéficient présentement de bourses attribuées par le FCAR.

Il est urgent d'instaurer des régimes de soutien financier permettant, sinon à tous, du moins à une grande partie des étudiants de s'investir à temps plein dans l'accomplissement de leur devoir premier en tant qu' chercheur-étudiant, insiste l'AELIÉS. L'association invite aussi le FCAR à ajuster la durée et le montant de ses bourses - qui sont de deux ans et 11 000 $ à la maîtrise et de trois ans et 13 000 $ au doctorat - à la durée réelle des études et aux besoins des étudiants. Selon les statistiques présentées par Carl Lessard, il faut en moyenne trois ans pour compléter une maîtrise et cinq ans pour un doctorat.

Préserver les acquis
De son côté, la vice-rectrice à la recherche, Louise Filion, estime que le plan triennal du FCAR a le mérite de tabler sur ce qui a fait la force de l'organisme dans le passé. "Le FCAR a toujours eu de bons programmes de base qui complémentent ceux des organismes subventionnaires fédéraux. Le plan 1999-2002 maintient ces programmes tout en tenant compte de certains courants nouveaux dans le financement de la recherche, notamment l'internationalisation, les retombées pour la société et le soutien aux infrastructures de recherche. Ces nouveaux éléments sont intéressants mais il ne faudrait pas leur sacrifier les programmes qui fonctionnent bien."

Sylvie Dillard a souligné à plusieurs reprises que ces nouvelles orientations ne devraient pas affecter les programmes de base. Reste à savoir si le gouvernement Bouchard donnera au FCAR les moyens de ses ambitions. L'organisme dispose présentement d'un budget annuel de 50 millions de dollars mais rien n'a encore été annoncé pour les années à venir, bien que la création du ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie puisse être interprétée comme un message positif. La version finale du Plan d'action, qui sera déposé au début du printemps, devrait nous apprendre comment les fonds seront partagés entre les différents programmes.

En 1997-1998, le Fonds FCAR a financé plus de 200 projets présentés par 428 chercheurs de l'Université, totalisant 7,2 millions de dollars. Ce montant place le FCAR au quatrième rang du palmarès des organismes qui financent la recherche à l'Université, derrière le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (17 M $), le Fonds de recherche en santé du Québec (12,6 M $) et le Conseil de recherches médicales du Canada (9,2 M $).

JEAN HAMANN