8 janvier 1998

Bilan 1996-1997

107 MILLIONS EN FONDS EXTERNES DE RECHERCHE

De plus en plus de professeurs font de la recherche mais les sources de financement ont du mal à suivre la cadence.

Les montants obtenus en fonds externes de recherche ont grimpé de 2 millions de dollars pour une troisième année consécutive et le nombre de chercheurs subventionnés a augmenté de près de 4 % pour atteindre 1 134, un nouveau sommet à l'Université. Voilà les deux principaux constats qui se dégagent du rapport annuel du financement de la recherche que la vice-rectrice à la recherche, Louise Filion, a présenté aux membres du Conseil d'administration lors de la séance du 17 décembre.

Les statistiques compilées par le vice-rectorat à la recherche indiquent que le total des fonds externes de recherche a dépassé le cap des 107 millions de dollars en 1996-1997. En y ajoutant la contribution de 3,6 millions en nature des entreprises, les 7,1 millions en contrats de coopération internationale et les 4,4 millions en fonds de recherche interne, le total des sommes allouées à la recherche a atteint 122,4 millions l'année dernière. De toute l'histoire de l'Université, seules les années 1992-1993 (137 millions) et 1993-1994 (130 millions), bénies par d'importants apports provenant des programmes d'appel public à l'épargne (abolis en 1994), ont produit des résultats supérieurs.

La performance de l'année dernière place l'Université Laval au troisième rang parmi les universités québécoises, derrière l'Université McGill et l'Université de Montréal. Sur l'échiquier universitaire canadien, les chercheurs de Laval occupent le 8e rang au Conseil de recherches médicales du Canada (CRM), le 5e rang au Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH) et le 5e rang au Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG).

L'année dernière, les chercheurs du secteur des sciences de la santé ont récolté la part du lion avec 50 millions de dollars. Le secteur des sciences naturelles et génie (incluant Foresterie et géomatique, Agriculture et alimentation et Sciences et génie) vient au second rang avec 41 millions. De leur côté, les chercheurs des sciences humaines, sciences sociales, arts et lettres, ont obtenu 13 millions en subventions et contrats.

Plus de chercheurs
Exception faite des sommes provenant de l'appel public à l'épargne, les statistiques des cinq dernières années révèlent une tendance à la hausse tant pour les fonds externes obtenus que pour le nombre de chercheurs subventionnés. En effet, en 1992-1993, l'Université comptait 1 031 professeurs subventionnés qui s'étaient partagé 98,5 millions en fonds externes de recherche (excluant les 22,8 millions en appel public). Le nombre de professeurs subventionnés a augmenté de plus de cent depuis, notamment à la faveur d'un bond de 41 professeurs-chercheurs l'année dernière. Selon la vice-rectrice à la recherche, deux facteurs expliqueraient la tendance à la hausse du nombre de chercheurs subventionnés. "D'une part, le renouvellement du corps professoral a permis l'embauche de nouveaux professeurs actifs en recherche. D'autre part, la formation d'équipes de chercheurs a favorisé la participation d'un plus grand nombre de professeurs aux activités de recherche."

Au cours des cinq dernières années, l'augmentation a été surtout manifeste en sciences de la santé (de 292 à 333 chercheurs ) et en sciences naturelles et génie (de 361 à 402). Le secteur des sciences humaines a connu une légère décroissance alors que le nombre de chercheurs subventionnés passait de 359 à 353.

Moins d'argent
La contribution des organismes subventionnaires fédéraux au financement de la recherche à Laval a diminué de 1 million depuis cinq ans (de 39,2 à 38,2 millions) alors que celle des organismes québécois est demeurée à peu près stable (de 29,3 à 29,7 millions). Par contre, pendant la même période, le nombre de chercheurs subventionnés est passé de 725 à 841 au fédéral et de 601 à 640 au provincial.

"Le plafonnement des sommes provenant des organismes subventionnaires est compensé par une courbe ascendante du côté des sources privées de financement, explique Louise Filon. L'augmentation des fonds externes enregistrée depuis trois ans provient essentiellement des compagnies et sociétés (de 20,1 à 26,3 millions) et des associations et fondations (de 6,3 à 8,6 millions)". L'Université compte maintenant 277 professeurs financés par les compagnies et sociétés, soit 37 de plus qu'il y a trois ans.

En dépit du plafonnement des enveloppes budgétaires des organismes subventionnaires, les chercheurs de Laval ont obtenu une part croissante des sommes allouées par deux des trois grands organismes fédéraux. En effet, leur part de l'enveloppe globale est passée de 3,3 % à 4,0 % au CRM et de 3,6 % à 5,8 % au CRSNG. Par contre, on constate une diminution de 6,6 % à 5,5% au CRSH.

Les coupures imposées aux organismes subventionnaires semblent avoir frappé plus durement les chercheurs du secteur des sciences sociales et humaines. "Ceci s'explique par le fait que certains grands projets sont arrivés à terme, dit Louise Filion. De plus, des trois organismes subventionnaires fédéraux, le CRSH est celui qui a subi les plus importantes coupures (15 %). Comme le financement privé est plus difficile à trouver dans ce secteur, les coupures font davantage sentir leur effet." Selon la vice-rectrice, des efforts de structuration de la recherche en sciences humaines et en sciences sociales pourraient rapporter des dividendes à Laval. Mais, considérant le contexte particulier du financement de ce type de recherche et considérant les coupures importantes faites au CRSH, la vice-rectrice croit que l'enveloppe budgétaire allouée au CRSH devrait être augmentée en proportion plus grande que les budgets des autres conseils.

Malgré le contexte financier difficile, la vice-rectrice estime que la performance des chercheurs de Laval peut encore s'améliorer. "Si on accepte le fait que la recherche fait partie intégrante de la tâche d'un professeur universitaire, on pourrait idéalement penser que plus de professeurs pourraient recevoir des fonds de recherche. Il faudrait cependant que les montants alloués par les organismes subventionnaires suivent." La vice-rectrice souligne que l'accroissement des fonds de recherche est plus que souhaitable pour offrir des conditions d'études intéressantes aux étudiants des cycles supérieurs. "La Commission d'orientation propose de faire passer de 18 % à 25% la proportion d'étudiants-chercheurs dans les effectifs étudiants. Il faudra trouver des fonds pour ces étudiants sinon une proportion croissante d'entre eux auront à travailler pour financer leur maîtrise ou leur doctorat, ce qui augmente les risques d'abandon."

JEAN HAMANN