6 novembre 1997

New York, New York

Le 9 novembre, au Palais Montcalm, l'Ensemble vents et percussion de Québec donne sa pleine mesure avec la symphonie The Big Apple de Johan De Meij.

Si la seule évocation des mots "vents et percussion" déclenche immanquablement dans votre tête des images de fanfare jouant d'une musique où abondent les fausses notes et où la seule finalité des musiciens consiste justement à "achever" un morceau avant d'entamer le suivant, sachez que l'Ensemble de vents et percussion de Québec (EPVQ) a toutes les prétentions, sauf de casser les oreilles de son public. Que ce soit par le professionnalisme de ses musiciens ou la qualité de son répertoire, l'EPVQ - qui possède le statut d'ensemble en résidence de la Faculté de musique de l'Université Laval - se situe en fait à des années-lumière de "l'harmonie municipale", selon son directeur artistique et musical, René Joly, chargé de cours à la Faculté de musique.

"L'esprit de fanfare qui a longtemps régné au Québec a fait en sorte que les musiciens professionnels intéressés à jouer de leur instrument - en l'occurrence les vents et percussion - n'ont eu d'autre choix que de se tourner vers des grands ensembles comme, par exemple, l'Orchestre symphonique, explique René Joly. Comme il existe très peu d'orchestres d'harmonie de niveau avancé au Québec, on peut dire que la création de l'EPVQ correspondait véritablement à un besoin." Composé en majorité de professeurs de musique du secondaire, du collégial et du Conservatoire de musique, l'ensemble compte également dans ses rangs une vingtaine d'étudiantes et d'étudiants de la Faculté de musique de l'Université Laval et du Conservatoire de musique de Québec.

Ode à la Grosse Pomme
Le "gros morceau" de ce concert donné le 9 novembre est la célèbre Symphonie no2 The Big Apple de Johan De Meij. En fait, cette oeuvre aurait aussi bien pu s'intituler "Un Hollandais à New-York", Johan De Meij ayant écrit cette symphonie à la suite d'un voyage dans cette ville. De son oeuvre, le compositeur disait d'ailleurs que "la symétrie du plan des rues de New-York aussi bien que l'architecture massive des gratte-ciels avaient servi de modèle pour le matériau thématique. La langue musicale y est robuste, anguleuse et linéaire, sans être gênée par quelque profondeur philosophique". "Cette symphonie constitue une parfaite traduction musicale de l'esprit et de l'ambiance régnant à Manhattan, renchérit René Joly. L'écriture est moderne, saccadée et symétrique. L'auditeur se trouve littéralement plongé dans l'atmosphère stressante de la ville."

Les autres oeuvres inscrites au programme sont Slavia de Jan Van der Roost; The Enchanted Island d'Alfred Reed; Short Ride in a Fast Machine de John Adams (transcription de Lawrence T. Odon); Passacaille et fugue en do mineur de Jean-Sébastien Bach (transcription de Donald Hunsberger) et Symphonic Songs for Band de Robert Russel Bennett.

Rappelons que lors de son concert inaugural offert à la salle Henri-Gagnon, en avril 1996, l'Ensemble Vents et percussion avait remporté un véritable succès populaire auprès du public, en plus de recueillir des critiques élogieuses de la part de la critique. Au printemps dernier, l'Ensemble lançait son premier disque, dont la pièce de résistance est La Symphonie no 1 Le Seigneur des anneaux de Johan De Meij.

Ce concert est présenté à 20 h, au Palais Moncalm. On peut se procurer des billets sur le réseau Billetech au 691-7211.

RENÉE LAROCHELLE