7 décembre 1995

CRÉATION D'UN BUREAU DE LA VALORISATION DE L'ENSEIGNEMENT

Tous les éléments sont en train de se mettre en place pour qu'un Bureau de la valorisation de l'enseignement voie le jour à l'Université Laval au début de 1996.

La nouvelle structure, dont l'appellation et le mandat seront approuvés à la séance du Conseil universitaire du 6 février prochain, remplacera en partie, mais avec une approche tout à fait différente, le Service des ressources pédagogiques, qui sera aboli incessamment.

Professeurs et étudiants seront paritaires au sein du bureau de valorisation - ils seront environ une demi-douzaine de part et d'autre -, et pourront compter sur le support de trois ou quatre membres du personnel professionnel. Une petite équipe, en sorte, qui travaillera - pour reprendre ici l'expression de la vice- rectrice Louise Milot - «en un lieu de coordination où l'on sentira l'engagement constant de plusieurs professeurs».

Réponse à un signal

Le mandat du bureau en est encore au stade de l'élaboration. La vice-rectrice aux études rencontrera d'ailleurs, d'ici à la mi- décembre, une vingtaine de professeurs ayant mérité un prix pour la qualité de leur enseignement, pour échanger avec eux sur les orientations du nouvel organisme.

Dans un document présenté au Conseil universitaire, le 5 septembre, le Comité exécutif de l'Université a déjà laissé entrevoir, cependant, quelques balises pouvant guider l'action du bureau responsable de la valorisation de l'enseignement : «Un tel bureau pourrait notamment conserver le mandat de l'accueil et de l'encadrement pédagogiques des nouveaux professeurs, l'encadrement institutionnel de l'évaluation de l'enseignement et y ajouter l'organisation de rencontres, de colloques ou d'autres activités susceptibles de mettre en évidence l'importance de la qualité de l'enseignement à l'université», peut-on lire.

«Cette création répond à une sorte de signal qui nous est donné de toutes parts, et qui va nous rapprocher des difficultés que rencontrent les étudiants», croit Louise Milot. Le momentum est bon, indique-t-elle, pour placer la qualité de l'enseignement au centre des débats.

Un geste qui réjouira sûrement la Confédération des associations d'étudiantes et d'étudiants de l'Université Laval (CADEUL). On se souviendra que la Confédération n'avait pas manqué de dénoncer la «survalorisation de la recherche au détriment de l'enseignement», dans son mémoire présenté lors des audiences des États généraux sur l'éducation, le 5 octobre.

Dynamique fondamentale

Pour montrer la cohérence de l'Université Laval dans le dossier de la pédagogie, le recteur Michel Gervais a, d'autre part, confié à la Commission des affaires étudiantes, le 17 novembre, un mandat qui se fonde sur la problématique suivante: «Selon les règles d'études de l'Université Laval, l'étudiant doit être l'agent principal de sa propre formation. De quelle façon l'étudiant peut-il participer plus activement et de manière constructive à améliorer la qualité de sa formation afin que cet objectif prioritaire soit atteint?»

Aux dires de sa présidente, Élise Paré-Tousignant, la Commission abordera ce nouveau mandat (qui a fait l'unanimité au sein de ses membres) en tenant compte de la dynamique fondamentale sise au coeur de l'enseignement, celle qui s'établit entre professeurs et étudiants. Une enquête questionnant cette dynamique rejoindra bientôt, du reste, les quelque 2 800 étudiants et étudiantes de 1er cycle qui avaient participé, il y a quelques mois, à une étude sur l'accueil et l'encadrement à l'Université.

Même si la question semble très large, il s'agit là du plus important mandat confié à la Commission, estime Patrick Robitaille, secrétaire de la CADEUL et membre de la Commission des affaires étudiantes. Un avis que partage son collègue Jean- Phillippe Maltais, vice-président à l'externe de l'Association des étudiants et étudiantes en physique, qui voit dans ce mandat un «tremplin pour lancer une réflexion plus étendue dans la communauté universitaire».

GABRIEL CÔTÉ

-30-