26 janvier 1995

Opéra-rock

CASSER LA BARRAQUE

Le 4 février, à 20h, au Théâtre de la Cité universitaire, les étudiants et étudiantes de l'École de musique présentent Starmania, un opéra-rock qui n'a pas pris une ride mais qui va vous faire faire toute une ride.

Juin 1994. Sortant du Grand Théâtre où elle vient tout juste d'assister à l'une des représentations deStarmania, Sonia Maheux n'a qu'une idée en tête: monter ce show pour lequel elle éprouve un véritable coup de foudre. En accord avec le copain qui l'accompagne alors, elle décide de tout mettre en oeuvre afin de réaliser ce projet un peu fou, de prime abord. Avec comme résultat que le 4 février, à 20h, la scène du Théâtre de la Cité universitaire s'illuminera des lumières de Monopolis, «nouvelle capitale de l'Occident», et vibrera des accords du célèbre opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon.

«Moi, je ferais ça toute ma vie» lance Sonia Maheux qui n'en est pas à ses premières armes dans le domaine artistique. Dans Starmania, cette passionnée du showbusiness joue le rôle de Sadia, une fille de la haute société qui se travestit le soir pour aller à l'Underground Café. Stéphane Dorval, lui, se transforme pour les besoins de la cause en Johnny Rockfort, ce chef de la bande des Étoiles noires follement amoureux de Crystal mais tombé sous l'emprise maléfique de Sadia.

«Mes racines sont dans le rock mais j'ai décidé d'étudier à l'École de musique pour recevoir une bonne base technique en chant», souligne ce jeune baryton dont l'image se situe à des années-lumières de l'idée qu'on se fait généralement du baryton... classique. Pour éviter toute espèce de confusion, il tient d'ailleurs à préciser que le spectacle n'a rien à voir avec Madame Butterfly ou encore Les Noces de Figaro: «C'est un show rock dans la plus pure tradition.»

Un microcosme de la société

À deux ou trois exceptions près, les 17 étudiantes et étudiants qui jouent dans Starmania proviennent tous de l'École de musique, qu'ils soient comédiens, musiciens ou danseurs. Plusieurs d'entre eux possèdent une bonne expérience de la scène, s'étant produits dans les bars de la région. Côté mise en scène, Sonia Maheux promet qu'elle sera tout, sauf statique. Ayant privilégié la version 1988 de cet opéra-rock qui n'a pas pris une ride depuis sa création en 1978, elle indique que toutes les chansons ayant établi la popularité de Starmania seront au rendez-vous, du Blues du businessman à Ce soir, on danse à Naziland en passant par Le monde est stone et Les uns contre les autres.

Si Starmania continue de faire courir les foules, c'est qu'elle constitue un microcosme de la société. « On y parle de ceux qui vivent dans la rue autant que de ceux qui habitent dans des tours dorées. De plus, les personnages sont tellement variés que chaque personne peut s'identifier à l'un ou à l'autre d'entre eux. Qu'on pense par exemple à Marie-Jeanne, «la serveuse automate», ou encore à Zéro Janvier, cet homme d'affaires «qui aurait voulu être un artiste». Mais par dessus-tout, il y a la qualité de la musique et des textes.»

Aux personnes qui hésiteraient encore à se rendre à ce spectacle qui devrait casser la baraque - selon l'expression consacrée - Stéphane Dorval signale qu'elles perdraient là l'inestimable chance d'assister à un excellent spectacle offert au prix modique de 8$ (10$ à l'entrée, le soir du spectacle). «Surtout quand on pense que le prix du billet était de 50$ au Grand Théâtre, l'été dernier...» Avec la présentation de cet opéra-rock, ces jeunes -pour qui le professionalisme n'est pas un vain mot- entendent démontrer que «ça bouge à l'École de musique de l'Université Laval».

Renée Larochelle

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