26 janvier 1995

La coopération en didactique des sciences entre l'Université Laval et l'École normale supérieure de Takaddoum est un modèle du genre.

La coopération institutionnelle entre l'Université Laval et l'École normale supérieure (ENS) de Takaddoum à Rabat, au Maroc, a franchi récemment une étape significative dans le domaine de la didactique des disciplines scientifiques, en particulier celle des mathématiques, des sciences physiques et des sciences naturelles.

Sous la direction de professeurs ayant tous fait leur doctorat à l'Université Laval, les 12 premiers candidats admis à l'ENS viennent en effet de soutenir publiquement leurs thèses, indique Claude Gaulin, professeur au Département de didactique de la Faculté des sciences de l'éducation. Son collègue Jacques Désautels et lui ont d'ailleurs participé dernièrement, comme membres du jury, à la soutenance de thèse de plusieurs de cette première cohorte de 12 candidats.

Un doctorat en 1990

Depuis une quinzaine d'années, un nombre important de personnes sont venues se spécialiser en didactique des sciences au sein des programmes de maîtrise et de doctorat à Laval , et ce grâce à des projets financés par l'Agence canadienne de développement international (ACDI), révèle Claude Gaulin. C'est ainsi que s'est développée en grande partie l'infrastructure qui a permis la création, en 1990, d'un doctorat en didactique des disciplines à l'ENS de Takaddoum, le premier en son genre dans tous les pays du Maghreb.

Des professeurs de l'Université Laval collaborent actuellement au développement de ce programme, grâce à une subvention de l'AUPELF, ainsi qu'au démarrage de quatre groupes de recherche en didactique sur les thèmes: apprentissage des mathématiques dans l'éducation de base en milieu rural; sensibilisation des jeunes aux problèmes de l'énergie par l'enseignement des sciences; difficultés liées à la langue d'enseignement dans l'apprentissage des mathématiques dans l'éducation de base;

éducation pour la santé et éveil aux sciences naturelles dans l'enseignement de base.

Former des multiplicateurs

La coopération entre l'Université Laval et l'École normale supérieure de Takaddoum a connu jusqu'ici deux grandes étapes, explique le professeur de didactique. Ce fut d'abord la formation de formateurs ici même à Québec, avec la participation active de nombreux professeurs de l'Université. Puis ces formateurs sont devenus des multiplicateurs sur le terrain même, au Maroc, au sein du programme de doctorat qui a été créé.

Une troisième étape est en train de se préparer et se concrétisera dans la mesure où l'on trouvera l'appui financier nécessaire, espère le didacticien: celle où l'équipe de l'ENS procédera à son tour à la formation de formateurs de pays en voie de développement comme la Mauritanie et la Guinée. «L'aide soutenue, mais de plus en plus discrète, de l'Université Laval durant une quinzaine d'années aura ainsi permis d'engendrer une «coopération Sud-Sud» à partir de la «coopération Nord- Sud» du début», souligne Claude Gaulin, qui voit là un modèle de coopération à imiter dans l'avenir.

GABRIEL COTÉ