12 janvier 1995

De l'or dans les poubelles

Une étude menée par deux chercheurs du GREEN (Groupe de recherche en économie de l'énergie et des ressources naturelles) révèle que laVille de Québec pourrait retrancher 2,2 millions de dollars par année à sa facture d'élimination des déchets si elle adoptait une tarification dite «à l'unité» tenant compte du volume ou du poids des ordures. Il s'agirait là d'une économie appréciable puisque, en 1992, ce montant représentait 18% de la facture totale de 12,3 millions engendrée par l'élimination des déchets domestiques et commerciaux à Québec.

L'avantage d'un tel système, selon les chercheurs Benoît Laplante et Jean Lambert, est d'offrir un incitatif financier à la diminution de la quantité de déchets produits. Présentement, les citoyens de Québec, comme ceux de la plupart des autres villes, se partagent à parts égales le coût de l'élimination des déchets, peu importe la quantité généré par chacun. La tarification à l'unité refléterait plus fidèlement l'usage que chaque ménage fait du service de prélèvement et d'élimination des ordures et récompenserait les efforts des citoyens qui participent aux programmes de récupération et de recyclage.

Implanté dans quelques villes américaines, ce système a permis de réduire de 40% en moyenne la quantité de déchets à éliminer. Dans la plupart des cas, les déchets sont pesés par des appareils électroniques installés sur les camions à déchets et chaque famille est facturée selon sa production d'ordures.

La réduction estimée de 2,2 millions de dollars pour la ville de Québec ne tient pas compte des économies qui seraient réalisées du côté des coûts environnementaux, un élément caché de la facture d'élimination des déchets. En effet, l'incinération des ordures cause de dommages à l'environnement et pour réparer ou prévenir ces dommages, des programmes d'assainissement et de l'équipement de dépollution, payés par les contribuables, doivent être mis en place. Les chercheurs estiment qu'à Québec, l'économie en terme de coûts environnementaux d'un système d'élimination à l'unité se chiffrerait à près de 2 millions de dollars par année.

JEAN HAMANN

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